L'hydrogène vert dans les véhicules professionnels en Auvergne-Rhône-Alpes

Les Echos Les Echos - il y a 17 jours

Hympulsion, joint-venture public-privé, vient d'être créée. Elle porte le projet régional Zero Emission Valley qui vise à déployer simultanément 1.000 véhicules à hydrogène et 20 stations de recharge pour lancer l'industrialisation de la filière « hydrogène vert ».

Le 32ème Symposium international du Véhicule Electrique (EVS 32) a été l'occasion d'annoncer la création officielle de la SAS Hympulsion, détenue à 51 % par des entreprises privées : Michelin, Engie, la Crédit Agricole... et à 49 % par la Région Auvergne-Rhône-Alpes et la Banque des territoires. Cette société est chargée de porter le projet Zero Emission Valley (ZEV) de la région. L'objectif est de déployer simultanément sur le territoire de manière pérenne et rentable : 20 stations de recharge d'hydrogène « vert » c'est-à-dire dont l'hydrogène est produit par 15 électrolyseurs* alimentés en énergie renouvelable ;  et 1.000 véhicules électrique à hydrogène avant fin 2023. 

Cet ambitieux projet de mobilité décarbonée à hydrogène renouvelable en France, le premier du genre à destination des flottes captives des professionnels, est doté de 50 millions d'euros. Il est soutenu par l'Union Européenne à hauteur de 10 millions d'euros. 

Pour le mener à bien, la société Hympulsion doit convaincre des professionnels d'acheter un véhicule à hydrogène à un prix équivalent à un véhicule Diesel, et pour que les utilisateurs puissent faire le plein, installer et exploiter des stations aux emplacements. Le plan de déploiement ambitionne de devenir un modèle pour l'Europe et d'amorcer l'envol du marché de l'hydrogène vert. 

Créations de stations et déploiement des véhicules

 « Nous avons réussi à lancer la filière hydrogène en cassant le cercle infernal de la poule et de l'oeuf grâce au déploiement simultané des véhicules et des stations », explique Thierry Raevel, le président d'Hympulsion et délégué général d'Engie. Lors du lancement du projet sur un secteur, les professionnels publics ou privés, s'engagent pour l'achat d'un véhicule électrique à hydrogène. « Les stations sont ainsi mieux dimensionnées et l'emplacement choisi est affiné pour s'adapter à leurs besoins », précise Valérie Billon Delporte, en charge de la stratégie hydrogène chez Michelin.

« La force de notre projet, c'est que ces engagements nous permettent de lancer l'installation de la station en assurant sa rentabilité », souligne Jean-Sébastien Bisch, le chef de projet ZEV en région. Les véhicules achetés par ces professionnels sont subventionnés. « L'écart de prix entre les véhicules Diesel et à hydrogène sont gommés », précise Jean-Sébastien Birsch. Ainsi, il est possible d'obtenir jusqu'à 18.000 euros d'aides pour l'achat de véhicules hydrogène roulant plus de 25.000 kilomètres/an soit 8.600 euros de la région, 3.400 euros de l'Europe et 6.000 euros de bonus écologique géré par le concessionnaire.  

Création d'un réseau régional de stations-services à hydrogène

La première pierre de la station service à hydrogène de Chambery[1] sera posée en juin 2019. La station provisoire de Clermont-Ferrand sera inaugurée le 30 août. Puis, dix autres stations seront déployées : six sur la métropole de Lyon, deux à Grenoble et deux autres à Saint-Etienne. « Avec ce projet, nous répondons aux défis de la limitation de la pollution, des gaz à effet de serre et de la transition énergétique. Ce qui m'enthousiasme, c'est que notre modèle est réplicable, de l'échelle régionale à internationale », constate Thierry Raevel, le président d'Hympulsion.

« Notre stratégie française qui consiste à commencer à déployer les infrastructures en s'appuyant sur les besoins des professionnels, puis en construisant de nouvelles stations pour intégrer les particuliers commence à être dupliquée au niveau européen », observe Valérie Billon Delporte. 

En 2023, ce seul projet devrait couvrir 25 % des objectifs français de déploiement de véhicules, annoncés dans le plan national hydrogène[2] . A horizon 2028, ce plan prévoit l'installation et la mise en circulation de 400 à 1.000 stations, de 20.000 à 50.000 véhicules utilitaires légers, de 800 à 2.000 véhicules lourds.

 * L'électrolyseur : lors de l'électrolyse de l'eau H2O, l'eau en entrée de l'électrolyseur est transformée par l'énergie apportée, en dihydrogène H2 et dioxygène O2

Véronique Pouzard  

Source : https://www.lesechos.fr/thema/mobilites-innovations/lhydrogene-vert-dans-les-vehicules-professionnels-en-auvergne-rhone-alpes-1024676

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