Transition énergétique : les Français encore sceptiques

Le Point Le Point - il y a 20 jours

La majorité des Français ne pense pas que l'objectif de réduction des émissions de CO2 en 2050 fixé par le gouvernement est atteignable.

Les Français sont encore sceptiques quant à la transition énergétique. C'est ce qui ressort d'une enquête d'Ifop-Primagaz* dévoilée ce mardi 25 juin. Alors que les discussions autour du projet de loi énergie et climat débutent aujourd'hui à l'Assemblée, les personnes interrogées restent dubitatives face à l'une des mesures phares du texte : diviser par six les émissions de CO2 d'ici à 2050.

Seulement 40 % des Français jugent cet objectif crédible, quand la majorité d'entre eux estiment qu'il ne sera « probablement pas » atteint. Quatorze pour cent d'entre eux en sont même certains : on n'y arrivera pas. Les plus jeunes affichent tout de même plus de confiance et d'espoir dans l'avenir, puisque 54 % des 18-25 ans pensent que l'objectif est atteignable en trente ans.

L'argent plutôt que l'écologie pour choisir son énergie

L'exemple du fioul pris dans l'étude montre surtout que les Français ont envie de se débarrasser des énergies fossiles polluantes, mais qu'ils se montrent très pessimistes quant à leur disparition effective. Les trois quarts des personnes interrogées sont ainsi favorables à une sortie du fioul dans dix ans, mais plus de la moitié n'y croit pas.

Quant aux critères sur lesquels s'appuient les Français pour choisir l'énergie à laquelle se chauffer, ils montrent que l'argent pèse toujours plus lourd dans la balance des consommateurs que l'écologie, qui n'arrive qu'en cinquième position. L'enquête met également au jour une méconnaissance de certaines sources d'énergies renouvelables, comme le biogaz, dont plus d'un tiers des Français n'ont jamais entendu parler.

Le projet de loi du gouvernement va tout de même dans le bon sens sur le principe, l'État étant, de loin, le plus cité quand on demande aux sondés quel acteur a un rôle décisif pour la transition énergétique (35 %), avant les citoyens, l'Europe[3] et les entreprises. Les communes rurales se sentent tout de même un peu oubliées : 50 % de leurs habitants estiment que la politique énergétique de l'État bénéficie avant tout aux métropoles et à Paris[4].

Thibaut DELEAZ

Source : https://www.lepoint.fr/environnement/transition-energetique-les-francais-encore-sceptiques-25-06-2019-2320863_1927.php

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