Le premier bus à hydrogène français fabriqué par l'entreprise Safra à Albi

La dépêche La dépêche - il y a 3 mois

Le bus livré à l'agglomération d'Artois-Gohelle. Photo, Safra

C’est une première en France : la PME Safra vient de livrer le premier bus à hydrogène de fabrication 100 % française. Un marché prometteur s’ouvre pour le constructeur albigeois.

Il s’appelle « Businova H2 ». Le premier bus à hydrogène, de ce qui pourrait être une longue lignée, a été livré et inauguré la semaine dernière à Houdain, pour l’agglomération d’Artois-Gohelle, dans le Pas-de-Calais. Il a été construit par Safra, en collaboration avec l’équipementier en systèmes à hydrogène Symbio, une filiale du groupe Michelin. La station à hydrogène a également été achevée. Cinq autres bus doivent être livrés à l’agglomération d’Artois-Gohelle d’ici la rentrée.

Cette réalisation est une première en France, à deux titres : il s’agit de la première mise en circulation d’un bus à hydrogène et celui-ci est de construction 100 % française. Pour le PDG de Safra, Vincent Lemaire, c’est une « grande satisfaction ».

« On est précurseur »

Le constructeur proposait déjà des autobus électriques « Businova » couplés à un moteur diesel ou au gaz naturel. La gamme s’étend désormais à l’hydrogène, qui a l’avantage d’émettre zéro émission de carbone. « C’est là qu’on est précurseur », assure Vincent Lemaire.

Seulement trois constructeurs européens – dont Safra – proposent des bus à hydrogène. « On joue dans la cour des grands », assure-t-il. Alors que la Chine domine le marché mondial et prévoit la construction de plusieurs milliers de véhicules à hydrogène d’ici 2020, Safra fait le pari que les collectivités publiques feront le choix du Made in France.

L’entreprise bénéficie de l’encouragement de l’Europe et de l’Hexagone. En mai dernier, l’entreprise albigeoise a signé au ministère de l’Ecologie l’Engagement pour la Croissance Verte[1] (ECV) : « On a l’honneur de porter le sujet des autobus à hydrogène, c’est remarquable pour une PME de 225 salariés », souligne son patron.

Une fois les six bus livrés dans le Pas-de-Calais, Safra enchaîne avec une commande de cinq autres véhicules pour l’entreprise BE Green qui les mettra en service à Versailles et d’un dernier autobus pour Le Mans. Le tout occupera les 90 salariés de Businova jusqu’à début 2020. Et les projets continuent d’affluer. L’aéroport de Toulouse devrait commander 5 à 7 véhicules.

Le chiffre

15 minutes : c'est le temps de recharge pour un bus à hydrogène. Contre 5 à 6 heures pour un bus 100 % électrique.

Le véhicule allie une batterie électrique avec une pile à combustible qui transforme  l’hydrogène en énergie électrique. 30 kilos de ce gaz sont stockés dans des  réserviors placés sur le toit. « Businova H2 » possède ainsi une autonomie de 300 kilomètres par jour.

Avantage écologique : il n’émet que de l’eau.  Et un kilo d’hydrogène émet trois fois l’énergie d’un kilo d’essence (source : Afhypac).

« Créer 300 emplois d’ici 5 ans »

Cet afflux de la demande s’explique par l’évolution de la réglementation autour des émissions de CO2. Les directives européennes prévoient une obligation d’achat de bus propres et « zéro émission » par les collectivités publiques : d’ici 2023, la moitié de leur parc devra être constitué de véhicules « propres ». « C’est bien sûr un enjeu écologique – on est tous sensibles au réchauffement climatique – mais aussi de santé publique. On le voit dans les épisodes de pollution », développe Vincent Lemaire.

Safra a donc du pain sur la planche pour les années à venir : « Notre ambition est de créer 300 emplois d’ici cinq ans et de construire 250 « Businova » par an » toute motorisation confondue.

Un investissement considérable

Safra vend ses bus électriques à hydrogène au prix de 650 000 euros, auxquels peuvent optionnellement s’ajouter 200 000 euros pour la maintenance à vie (environ 12 ans). C’est plus du double d’un « Businova » hybride diesel qui tourne dans les 250 000 euros. Sans compter l’investissement dans une station produisant de l’hydrogène. « Oui, mais l’enjeu, c’est l’indépendance énergétique », rétorque Vincent Lemaire, PDG de Safra. En effet, l’hydrogène est produit dans les stations à partir d’une énergie renouvelable : l’eau.

Anouk Passelac

Source : https://www.ladepeche.fr/2019/06/28/le-premier-bus-a-hydrogene-francais-fabrique-par-une-entreprise-dalbi,8284205.php

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