Flixbus contre-attaque face à BlaBlacar

Les Echos Les Echos - il y a 1 mois

La jeune pousse allemande va lancer en 2020 une offre de covoiturage longue distance, avec mise en relation gratuite entre conducteur et passagers. Une étape de plus dans la concurrence que se livrent déjà BlaBlaCar et Flixbus sur le marché des cars longue distance.

Flixbus passe la surmultipliée. La jeune pousse allemande, qui s'est imposée en quelques années sur le marché des cars longue distance en Europe, a annoncé jeudi soir une levée de fonds majeure, qui va lui donner les moyens de poursuivre son expansion tous azimuts, à l'international mais également dans le train et le covoiturage, cette dernière initiative étant manifestement destinée à affaiblir BlaBlaCar.

Flixbus n'a pas communiqué le montant de sa levée de fonds, réalisée notamment auprès des fonds TCV et Permira. Mais l'ordre de grandeur de 500 millions d'euros avancé par l'agence Reuters semble, selon plusieurs sources, tout à fait plausible.

Déploiement hors d'Europe

De quoi financer les projets de croissance très ambitieux de la société. Après avoir amené la plus grande partie de ses concurrents en Europe à jeter l'éponge, Flixbus veut accélérer son déploiement[1] dans le car longue distance hors du continent. La société s'est lancée l'an dernier aux Etats-Unis, et elle vise désormais la place de leader sur ce marché, devant Greyhound, l'acteur historique. Flixbus compte, par ailleurs, se lancer dès l'an prochain en Amérique du Sud et en Asie.

Dans le même temps, l'offensive dans le ferroviaire en Europe va se poursuivre. FlixTrain exploite déjà des lignes en Allemagne, et a déposé des demandes pour faire de même dans l'Hexagone sur cinq projets de lignes au départ de Paris, à partir de décembre 2020. D'autres pays devraient suivre.

Concurrence frontale

La principale nouveauté réside dans la création l'an prochain d'une offre de covoiturage, FlixCar, très probablement en France et en Allemagne, même si cela n'est pas précisé. Cette annonce augure d'une concurrence encore plus frontale avec BlaBlaCar. En novembre 2018, la jeune pousse fondée par Frédéric Mazzella et Nicolas Brusson a débarqué sur le marché des cars Macron  en rachetant Ouibus[2] , la filiale de la SNCF.  Les BlaBlaBus[3] sont désormais la seule alternative d'envergure nationale à Flixbus dans l'Hexagone.

Et depuis quelques mois, ils circulent également en Allemagne, où Flixbus disposait d'un quasi-monopole. La volonté de la jeune pousse allemande de se lancer sur le coeur de métier de BlaBlaCar ressemble fort à une riposte.

Complémentarité du car et du covoiturage

C'est aussi lui rendre un hommage indirect. En rachetant Ouibus, la société française a misé sur la complémentarité du car et du covoiturage : le transport à prix cassés entre grandes villes pour le premier, la desserte fine au plus près du point d'arrivée pour le second. Flixbus a d'abord fait la moue… avant de décider d'imiter son rival.

« La bonne nouvelle, c'est qu'ils sont d'accord avec notre stratégie, sourit le PDG de BlaBlaCar, Nicolas Brusson. Mais ce sera compliqué pour eux de se lancer sur le marché du covoiturage : contrairement au bus, où on peut ouvrir une ligne après l'autre, il faut créer très vite une communauté à l'échelle d'un pays ». Avec une masse critique suffisamment importante pour que l'offre rencontre la demande. Et il n'y a pas d'acteur déjà installé à racheter pour faciliter la tâche.

Yvan Lefranc-Morin, le directeur général de Flixbus France, se montre néanmoins optimiste : « Nous sommes conscients du challenge, mais nous ne partirons pas de zéro, grâce notamment à la forte notoriété de notre marque. » Surtout, Flixbus va se montrer agressif sur les prix : là où BlaBlaCar facture aux passagers des frais de réservation entre 0 et 25 %, « nous ne prendrons pas de commission sur la mise en relation avec le conducteur, indique aux « Echos » Yvan Lefranc-Morin. Ce service sera gratuit. » Une mesure à l'évidence temporaire, le temps que se lance le nouveau service, mais qui pourrait obliger BlaBlaCar à modérer ses tarifs.

Lionel Steinmann

Source : https://www.lesechos.fr/amp/1039243

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