Ces villes au top de la mobilité intelligente

Generation Le Soir Generation Le Soir - il y a 3 mois

On ne compte plus les classements répertoriant les champions de la « smart mobility », souvent avec des écarts impressionnants. Certaines villes en revanche semblent faire l’unanimité, quel que soit l’auteur de l’étude.

97% des automobilistes âgés de 18 à 35 ans seraient prêts à troquer leur véhicule personnel contre les transports publics si une offre de mobilité intelligente leur était proposée. Difficile à croire ? Peut-être. En tout cas, c’est le résultat d’un sondage mené par le cabinet de conseil en stratégie Oliver Wyman auprès de 7.500 Français, Italiens, Allemands, Américains et Chinois.  

Certaines villes ont d’ores et déjà bien compris l’intérêt de miser sur la smart mobility. D’autres moins. Nous avons recoupé les résultats de plusieurs études : voici les villes considérées comme les plus intelligentes au monde en termes de mobilité. 

Singapour, médaille d’or de la mobilité intelligente 

Quel que soit le classement, la cité-État arrive en tête en matière de smart mobility. Car tout dans sa politique vise un même objectif : faciliter le transport de ses citoyens pour les encourager à renoncer le plus possible à la voiture. Entre 15 et 20 % des Singapouriens seulement en possèdent une d’après François Vienne[1], un urbaniste français installé sur place. Il faut dire que le réseau de transport public est « complet et bon marché », comme le souligne Deloitte dans la version 2019 de son City Mobility Index.  

Mais ce n'est pas tout, d’autres mesures ont aussi été mises en place : une app pour connaître, en temps réel, les places disponibles et les prix pratiqués dans les différents parkings de la ville ; des carrefours équipés de détecteurs capables de mesurer le trafic en temps réel et d’anticiper, grâce à des algorithmes, certaines situations dangereuses ; l’utilisation des données analytiques pour mesurer et fluidifier le trafic des taxis en fonction de la demande ; un outil de planification d’itinéraires multimodaux, incluant, la marche à pied, le vélo, ou même les taxis, etc. 

Helsinki, précurseur de la navette autonome  

À Helsinki aussi, l’objectif des autorités est clair : rendre le véhicule personnel superflu d’ici à 2025. Comme à Singapour, des bus autonomes y sont actuellement testés. Mais la capitale finlandaise va un pas plus loin. Son Gacha, dévoilé en mars dernier, est capable de transporter jusqu’à 16 passagers quels que soient l’environnement et les conditions météo. 

Là aussi, le développement de l’application MaaS (Mobilité en tant que Service) fait partie intégrante de la stratégie des pouvoirs publics pour promouvoir la mobilité multimodale. Quant à la législation sur les taxis et les transports publics par exemple, elle a été revue pour permettre une plus grande flexibilité et plus de concurrence. 

Londres, le défi de la croissance 

En 30 ans, la capitale britannique a doublé de taille et sa croissance se poursuit. Les prévisions tablent sur une population de 10 millions d’habitants à l’horizon 2036, contre un peu plus de 8,6 millions aujourd’hui. La ville se doit donc de garantir un réseau de transports publics de qualité. Et c’est le cas. Londres apparaît systématiquement dans le trio de tête européen en matière de smart mobility. 

En 2016, l’Arval Mobility Observatory y dénombrait déjà quelques 460 app basées sur des open data pour le transport. Mais surtout, la ville est célèbre pour son système de péage urbain imposé depuis 2003 à quiconque souhaite circuler en plein centre entre 7h et 18h. Péage auquel s’ajoute depuis 2017 la T-Charge, si le véhicule ne respecte pas les normes d’émissions européennes. Un vaste réseau de caméras enregistre les plaques d’immatriculation et vérifie que la taxe a bien été réglée. 

Amsterdam, cap sur l’électrique 

Les Néerlandais sont évidemment connus pour leurs vélos. À Amsterdam, ils sont partout. 61% des habitants de la ville se déplacent à bicyclette ou à pied. Résultat, la capitale des Pays-Bas ambitionne d’atteindre le « zéro émission » dès 2025. Dans 6 ans donc. 

Et pour ça, les autorités ont mis l’accent sur l’électrique, avec tous les débats que ça peut bien sûr occasionner. Les voitures, les bus, les bateaux, et même les taxis reliant l’aéroport de Schipol au centre fonctionnent progressivement sur batterie, grâce aux nombreuses bornes de recharge disséminées aux quatre coins de la ville et localisables sur smartphone. Avec bien sûr une incitation à la multimodalité. Amsterdam développe même un bateau autonome[2], capable de transporter passagers et marchandises.  

Par Sandrine Dignocourt

Source : https://generation.lesoir.be/mobilite/ces-villes-au-top-de-la-mobilite-intelligente?_ga=2.210528018.662138014.1566286148-569506696.1566286148

Partager

Laisser un commentaire :