Transports : ces six idées venues du Japon qui vont inspirer Paris pour les JO 2024

Le Parisien Le Parisien - il y a 27 jours

Tokyo (Japon), le 18 juillet. Dans les transports en commun japonais, il y a beaucoup de signalétique, y compris au sol. (DR.)

Les dirigeants de la région Ile-de-France, de la SNCF et de la RATP ont effectué une visite à Tokyo cet été. L’objectif : trouver des solutions pour accueillir 10 millions de voyageurs supplémentaires dans les transports en commun lors des JO 2024.

Dans cinq ans, du 26 juillet au 11 août 2024, Paris accueillera les Jeux olympiques. Mais c'est dès maintenant que tout se prépare. En matière de transports notamment, il faut prévoir comment gérer 10 millions de spectateurs, environ, sur 15 jours, en plus des usagers quotidiens de la région.

C'était l'objet de la visite cet été d'une délégation de la SNCF avec la RATP, la région et Ile-de-France Mobilités, mais aussi le comité d'organisation des JO 2024, à Tokyo. La capitale japonaise, réputée pour la qualité de ses transports en commun, va en effet accueillir dans un an les Jeux olympiques. Valérie Pécresse, présidente de la région et d'IDFM, et Alain Krakovitch, directeur de SNCF Transilien, y ont pêché de bonnes idées, qui pourront être appliquées en Ile-de-France. « Et même sans attendre 2024 », espère Valérie Pécresse. En voici quelques-unes.

De l'information voyageur partout. « La signalétique, c'est un sujet sur lequel je veux accélérer, insiste Alain Krakovitch. Au Japon, ils utilisent tous les espaces, du sol au plafond, et nous, non. » Exemple dans une gare de Tokyo qui marque au sol en bleu l'accès vers les trains pour l'aéroport, en rouge des trains directs, rapides mais chargés, en jaune des omnibus qui s'arrêtent partout, et en vert les trains moins rapides mais plus confortables. Pour les JO, Tokyo aura ses panneaux indicateurs en quatre langues (japonais, chinois, coréen et anglais), des mégaphones multilingues également, ou des agents équipés d'appareils de traduction. « Et c'est un héritage qui restera après les Jeux », rappelle Alain Krakovitch. En Ile-de-France, on pourrait donc imaginer des panneaux en anglais partout après 2024.

Des concerts à la fin des événements. « On sait gérer 80 000 personnes au Stade de France, rappelle Alain Krakovitch. Mais pour les JO, il y aura des contraintes en plus ». La SNCF et IDFM vont ainsi, au cours de réunions régulières avec les organisateurs, alerter sur les risques pour les transports en cas d'organisation d'événements aux mêmes horaires, sur des lieux proches. A Tokyo, une des solutions pour étaler les retours après un événement est d'organiser des concerts gratuits, par exemple, après les matchs. Une manière d'éviter la cohue avant d'entrer dans son RER ou son métro, puisqu'une partie du public prolongera le plaisir.

Poteaux, musique et escalators optimisés pour la foule. Rester immobile dans un escalier mécanique pour gagner du temps ? L'idée a d'abord interloqué Valérie Pécresse. « C'est contre-intuitif », reconnaît-elle. Et pourtant, ça marche : quand on reste sans bouger, on peut mettre deux personnes en permanence par marche, et ainsi faire passer plus de monde à la minute. C'est un des enseignements du « jamologue » (spécialiste des flux et des embouteillages -trafic jam), le professeur Katsuhiro Nishinari, consultant pour Tokyo 2020, que la délégation francilienne a rencontré à Tokyo et qui viendra délivrer ses conseils à Paris cet automne. Autre curiosité : un poteau bien positionné devant une porte accélère l'évacuation de la foule, en la divisant en deux flux. Ou encore une musique rythmée en gare fait sortir les voyageurs plus vite.

Des travaux anticipés. « Il faudra s'assurer d'avoir la capacité de transport supplémentaire, et des transports robustes, estime Alain Krakovitch. Cela passe notamment par l'anticipation des travaux de maintenance, sur les trains comme sur l'infrastructure. Il faudra en faire beaucoup en amont. A Tokyo, ils en ont prévu beaucoup en mai 2020. » En Ile-de-France ce devrait être pareil : beaucoup de travaux ferroviaires à prévoir au printemps 2024, pour avoir des voies et des trains en parfait état pour les JO.


Par Jean-Gabriel Bontinck


Source : http://www.leparisien.fr/info-paris-ile-de-france-oise/transports/transports-ces-six-idees-venues-du-japon-qui-vont-inspirer-paris-pour-les-jo-2024-25-08-2019-8138883.php

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